Le livret A est un placement sécurisé dont le taux d'intérêt est fixé par l'État, et l'épargne reste disponible avec des retraits possibles à tout moment. Il s'adresse aux personnes physiques sans limite d'âge, de toute nationalité, à condition d'avoir une résidence fiscale française. Un mineur peut ouvrir un livret sans représentant légal, mais le retrait reste interdit avant l'âge de 16 ans sans l'accord du représentant légal.

Pour une personne placée sous protection juridique, en cas de tutelle, c'est le représentant légal qui ouvre le livret. Des personnes morales peuvent aussi en bénéficier : organisme HLM, syndicat de copropriétaires et association sans but lucratif bénéficiant d'une exonération d'impôt sur les sociétés. Le livret est alors ouvert au nom de la personne morale, par un représentant légal habilité.

Une personne physique ne peut détenir qu'un seul livret A : la pluralité est interdite, le livret est personnel et il n'existe pas de livret joint. Détenir plusieurs livrets expose à une amende de 2 % de l'encours du deuxième livret, non recouvrée lorsque son montant reste sous 50 €. Une association ou un syndicat de copropriétaires n'a lui aussi droit qu'à un seul livret A, les organismes HLM faisant exception avec la possibilité de détenir plusieurs livrets.

Le plafond de dépôt est de 22 950 € pour les personnes physiques ; une fois ce plafond atteint, tout dépôt devient impossible, mais les intérêts continuent à s'ajouter. Pour les associations et les syndicats de copropriétaires, le plafond est de 76 500 €, porté à 100 000 € lorsque les lots sont supérieurs à 100, tandis que les organismes HLM n'ont pas de plafond. Le versement minimum est de 10 € dans le cas général et de 1,5 € à la Banque postale.

Le retrait minimum est lui aussi de 10 € ou 1,5 €, sans montant maximum, le solde ne pouvant jamais être négatif. Aucun versement périodique n'est obligatoire, et les dépôts comme les retraits s'effectuent à tout moment. Le titulaire retire dans toutes les agences, alors que le représentant légal d'un mineur ne le peut qu'à l'agence d'ouverture. Ce représentant légal peut aussi s'opposer au retrait du mineur par lettre recommandée adressée à la banque.

L'ouverture se fait dans n'importe quelle banque, banques en ligne aussi. Le contrat d'ouverture précise les règles de fonctionnement : dépôt, retrait, calcul des intérêts et clôture. Il comporte des mentions obligatoires, dont le rappel de l'interdiction et des sanctions, ainsi qu'une vérification auprès de l'administration fiscale, avec l'autorisation d'informations détaillées.

Le client ne peut pas refuser la réponse de l'administration fiscale sur l'existence d'un livret A. Si l'administration fiscale confirme qu'il n'existe aucun autre livret A, la banque ouvre le livret sans délai. Si un autre livret A est détecté et que le client a accepté l'information, 3 solutions s'offrent à lui : renoncer à l'ouverture, clôturer lui-même l'autre livret, ou mandater la banque pour la clôture et le virement. Si le client a refusé l'information, la banque refuse l'ouverture et lui communique le motif du refus.

La banque effectue ensuite la déclaration au fichier Ficoba : date d'ouverture, références du livret, adresse, prénoms et nom du titulaire. Le cumul reste possible avec le livret de développement durable, le livret Jeune et d'autres comptes sur livret. Pour le livret Bleu du Crédit Mutuel, le cumul est impossible depuis le 1ᵉʳ janvier 2009, sauf pour deux livrets ouverts avant le 1ᵉʳ septembre 1979, sans transfert vers un nouvel établissement.

Le livret A n'a pas de livret papier : le titulaire reçoit des relevés de compte, sans chéquier ni carte de paiement, une carte de retrait étant possible. Les opérations d'ouverture, de dépôt, de retrait et de clôture sont gratuites. Le livret s'alimente par chèque, en espèces au guichet ou par virement depuis le compte du titulaire ; depuis le 1ᵉʳ juillet 2023, le virement peut venir d'un compte à vue d'une autre banque.

Le taux annuel est de 1,7 %, et le calcul des intérêts se fait par quinzaines, à partir de la quinzaine 1 et de la quinzaine 16 de chaque mois. La date de valeur retenue pour le calcul des intérêts varie selon l'opération.

Source : Service-Public.fr, 1ᵉʳ août 2026