L'AAH s'adresse aux personnes présentant un taux d'incapacité 80 % minimum, fixé par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées selon le guide-barème des déficiences. Un taux compris entre 50 % et 79 % ouvre aussi droit à l'allocation lorsque la personne connaît une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi, cette restriction devant persister au moins 1 an à partir du dépôt de la demande.

L'âge minimum pour percevoir l'AAH est fixé à 20 ans. Elle peut toutefois être versée dès 16 ans lorsque le demandeur n'est plus à la charge de ses parents au titre des prestations familiales. Plusieurs territoires ouvrent droit à cette allocation pour leurs résidents : la métropole, mais aussi Saint-Pierre-et-Miquelon, les Antilles avec la Guadeloupe et la Martinique, ainsi que la Guyane, La Réunion, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Une résidence de plus de 3 mois est requise, sauf en cas d'activité professionnelle, et les personnes étrangères doivent détenir un titre de séjour en cours de validité ou un récépissé de renouvellement.

L'AAH est attribuée sous condition de ressources, calculées à partir du revenu net catégoriel figurant sur l'avis d'imposition 2024 pour une demande formulée en 2026. Depuis 1ᵉʳ octobre 2023, le calcul se fonde sur les ressources personnelles du seul demandeur, principe dit de la déconjugalisation. Les plafonds de ressources liés à cette déconjugalisation varient selon le nombre d'enfants à charge, avec cinq seuils distincts : 12 499 €, 18 749 €, 24 998 €, 31 248 € et 37 497 €.

Lorsque la déconjugalisation se révèle moins avantageuse, la Caf ou la MSA applique automatiquement une conjugalisation des ressources du couple. Les plafonds applicables aux couples dans ce cadre sont alors 22 623 €, 28 873 €, 35 122 €, 41 372 € et 47 621 €. Le passage à la déconjugalisation devient automatique et définitif dès qu'il se révèle plus favorable au bénéficiaire. Les revenus fonciers, tels que les loyers perçus, sont pris en compte intégralement dans le calcul des ressources.

Le montant maximal de l'AAH s'élève à 1 041,59 € pour une personne sans autre ressource. Lorsque le bénéficiaire perçoit une pension d'invalidité, de retraite ou une rente d'accident du travail, l'AAH correspond au différentiel avec le montant de 1 041,59 €. Le montant versé évolue également selon que le bénéficiaire exerce une activité professionnelle en milieu ordinaire ou en établissement et service d'aide par le travail.

La demande d'AAH s'effectue via le téléservice de la maison départementale des personnes handicapées ou au moyen d'un formulaire papier envoyé par courrier. Un certificat médical de moins de 1 an est obligatoire, complété si besoin par des volets spécifiques tels qu'un bilan auditif ou un bilan ophtalmologique, ce dernier relevant du volet 2. Les documents doivent être envoyés ou scannés et transmis à la MDPH du lieu de résidence du demandeur.

Lors de l'instruction du dossier, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est engagée systématiquement. La CDAPH instruit la demande et doit répondre sous 4 mois, le silence gardé au-delà de ce délai valant rejet implicite. En cas de désaccord, un recours administratif préalable obligatoire doit être formé auprès de la MDPH avant toute saisine du tribunal, dans un délai de 2 mois.

Source : Service-Public.fr, 14 septembre 2026