Le 19 octobre 2026, la CGT a publié un texte qui relaye l'enquête du collectif Nos services publics sur le vécu des agent·es au travail. Les réponses sur la hiérarchie et le management ont été recueillies de octobre 2025 à février 2026, au nombre de 20 503. Selon la CGT, ce constat rejoint les observations exprimées depuis des années.

Selon l'enquête, le sentiment d'utilité est ressenti souvent ou très fréquemment par 68 % des répondant·es. La CGT récuse le récit de fonctionnaires désengagé·es et affirme que « les agent·es public·ques sont conscient·es de l’importance de leurs missions ».

La qualité empêchée touche presque un tiers des répondant·es, avec 41 % dans l'hospitalière. La CGT y voit une cause de souffrance au travail, car elle porte atteinte au sens et à l'éthique professionnelle. Quand les effectifs sont insuffisants, la qualité est sacrifiée par des agent·es deux fois plus nombreux·ses, et la CGT met en cause les coupes budgétaires. Dans la fonction publique d'État, 35 % des répondant·es évoquent des intérêts particuliers plutôt que l'intérêt général, ce que la CGT décrit comme un conflit éthique.

Pour les collectifs de travail, le mal-être atteint 89 % lorsque l'ambiance est mauvaise, tandis que 87 % se sentent bien lorsque l'ambiance est bonne. La CGT dénonce le flux tendu, la précarisation, les mobilités imposées et les réorganisations incessantes, qui cassent les collectifs.

Dans la relation hiérarchique, le bien-être atteint 76 % lorsqu'une discussion avec la hiérarchie existe, contre 26 % sinon. Dans la fonction publique d'État, la connaissance du travail est de 82 % pour les encadrant·es et de 46 % pour les non-encadrant·es. Les encadrant·es évoquent aussi les leviers de reconnaissance, une charge de travail non régulable et des consignes qui dégradent le sens.

La rémunération, la reconnaissance et la promotion sont jugées insuffisantes par presque deux tiers des répondant·es. Selon l'enquête, trois répondant·es sur quatre disent enfreindre un ordre hiérarchique lorsque la qualité est sacrifiée et la santé dégradée. La CGT résume ce dilemme par l'alternative « obéir ou bien travailler ».

La CGT revendique une indexation du point d'indice sur l'inflation, une hausse et des grilles refondues pour que les pertes salariales soient rattrapées. Elle revendique aussi des promotions transparentes, des carrières garanties et la revalorisation des métiers à prédominance féminine. Elle demande aux employeurs publics la fin des suppressions de postes, la titularisation et le droit à la déconnexion. Elle demande enfin des CHSCT de plein exercice, un droit d'alerte renforcé, des études d'impact et la suspension des projets dangereux.

Repères

RepèreValeurEn vigueur depuis le
Valeur annuelle du point d'indice59,0734 €1ᵉʳ juillet 2023
Valeur mensuelle du point d'indice (calculée)4,9228 €1ᵉʳ juillet 2023
Indice majoré minimal3661ᵉʳ janvier 2024
Traitement brut mensuel à l'indice majoré minimal (calculé)1 801,74 €1ᵉʳ janvier 2024
Retenue pour pension civile11,10 %1ᵉʳ janvier 2020
SMIC horaire brut12,31 €1ᵉʳ juin 2026

Source : Légifrance, 1ᵉʳ juin 2026